Cévennes pastorales : le col de l’Asclier

Cycliste, randonneur ou même automobiliste, nul ne peut rester indifférent lors du passage du col de l’Asclier (905m).

Au XVII ème siècle déjà les protestants venaient s’y isoler pour tenir leurs réunions. Il est à noter d’ailleurs que l’aubergiste du dit col, soupçonné de trahison, fut exécuté par les Huguenots.

Au passage du col a été construit un magnifique pont, non point pour les automobiles, mais pour les troupeaux de moutons. Le col se situe sur la grande draille de la Margeride et le pont Moutonnier, unique eu Europe, a permis le passage de milliers de bêtes.

« Les troupeaux se rejoignent tout au long de la draille, mais c’est à l’Asclier (un peu avant le pont) qu’a lieu «l’atroupelage»: le troupeau d’estive est constitué, les bêtes se sont mélangées, «mesclées», senties, reconnues, les propriétaires les ont remises en toute confiance […]
Vu du Col, l’événement devient spectaculaire. La descente du Fageas est assez raide et impressionnante […] Vers 19 heures (quelquefois plus tard quand la journée est chaude) le troupeau apparaît enfin, précédé d’un cheval blanc… tout petit là-haut. Commence alors une longue et lente descente par étapes à travers les broussailles, donnant l’impression de difficulté, un peu comme une goutte de pluie hésitant sur une vitre […] Lorsque le troupeau, maintenant bien visible et multicolore, entame enfin la dernière partie de la descente, soudain l’attention est attirée par celui de Soudorgues qui débouche de la route en contrebas sous les châtaigniers et surgit rapidement sur la placette dans un tintamarre de sonnailles et de bêlements, les animaux se mêlant aux personnes […]
Alors qu’ils cheminent depuis des jours, l’arrivée des deux troupeaux s’est faite dans un laps de temps de moins de cinq minutes …. Beaucoup de bêtes sont décorées de pompons et toupets, de manière très vive et variée dans les couleurs et les harmonies, selon leur ton de laine. Elles sont chargées des lourdes cloches de transhumance, les « draillaous » (« clapes » et « sounols »), supportées par les colliers décorés avec soin en hiver par les propriétaires.
Bêtes et gens se mèlent pour peu de temps […] Mais très vite les animaux commencent à glisser vers le bas et le troupeau à présent unique s’écoule en files bariolées et sonnantes, de plus en plus pressées en approchant du pont moutonnier, qui est traversé « au pas de charge »… »

François Labouesse et Monique Gras. Le rassemblement moutonnier du col de l’Asclier à la mi-juin. Causses et Cévennes 1998-3, pp 558-562 [ source web : Cultures et Territoire rural – le patrimoine cévenol ]

Géologiquement le col de l’Asclier marque aussi la limite avec les terrains granitiques (massif de l’Aigoual- Saint Guiral – Liron) qui se développèrent il y a 305 millions d’années en aval de la vallée du Gardon.

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